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Les 101 Gestes du Président Américain

No. 21: La Reconnaissance Officielle des Gays par la Maison-Blanche

Par Harold Hyman

PARIS, 23 JUIN 2009 - Sous George W. Bush, la cause de l'émancipation civique et sociale des homosexuels a marqué une pause quasi-absolue. Sous Barack Obama, le climat a changé : la Maison-Blanche renoue avec une pratique lancée en 1999 par Bill Clinton : le mois de fierté gay et lesbienne (Gay and Lesbian Pride Month). Depuis la prise de fonction de Barack Obama, le lien avec l'ère Clinton s'est renoué : le mois de juin 2009 a été celui de la Lesbian, Gay, Bisexual Transgender (LGBT) Pride Month. Jamais plus un président ne pourra ignorer les homosexuels par le silence, ou par une distance glaciale et timorée. John McCain l'avait bien compris, et s'était plié pendant la campagne à l'exercice d'une interview dans un magazine gay, The Washington Blade ( voire Les 101 Gestes du président, n°6 ).

Clinton: pionnier de la cause des droits des gays

Bill Clinton et Al Gore sont les premiers président et vice-président respectivement à parler devant des organisations de gays et lesbiennes. Le 8 novembre 1997, Bill Clinton s'adresse à la Human Rights Campaign National Dinner en tant qu'invité d'honneur.Le Human Rights Campaign (hrc.org) fondé en 1980 est entièrement consacré à l'égalité des homosexuels devant le mariage et la vie civile en général. En janvier 1999, Clinton souleva les questions des gays et lesbiennes dans son Discours sur l'État de l'Union, encore une première.

George W. Bush tente de revenir en arrière

La bizarrerie dans le cas de GWB, c'est son aversion à traiter la question sauf par son refus d'accepter le mariage ou l'adoption par des couples de sexes identiques. L'ironie du sort a voulu que lors du discours sur l'État de l'Union de 2008, il croisa dans corridors de la Chambre des Représentants l'élu Barney Frank (démocrate du Massachusetts), et l'un des rarissimes homosexuels ouverts de l'histoire de la chambre. Frank, comme des centaines de personnes, serra la main de W. et lui présenta à va-vite un autre homme dont le président serra également la main. Frank lui dit alors, devant les caméras : "C'était mon petit copain". Le président de répondre : "J'en suis ravi. Je suis sûr qu'il [cet homme gay] apprécierait un homme ouvert comme moi." En réalité, Bush était légèrement moins homophobe que sa base électorale. Il donna un coup de pouce énorme dans le financement de la lutte contre le sida. Et il nomma - et reçu la confirmation du Sénat -- en 2001 le premier ambassadeur homosexuel, Michael Guest, pour représenter les États-Unis en Roumanie. Bill Clinton avait nommé le premier ambassadeur gay, en 1997, mais à titre temporaire car le Sénat avait refusé de le valider. Comble de l'ironie: la fille du vice-président Dick Cheney est lesbienne, et son père ne s'est pratiquement jamais exprimé clairement sur la question homosexuelle.

Ronald Reagan: familier de la question, mais en retrait total

Les présidents antérieurs n'avaient pas touché à la question. Le président Ronald Reagan ne s'est pratiquement jamais exprimé sur la question, tout en maintenant une attitude de neutralité bienveillante envers les homosexuels qu'il avait connu à Hollywood. Lorsque l'acteur Rock Hudson, son contemporain à l'homosexualité secrète, est tombé malade du sida, Reagan eut une attitude publique de grande sympathie, et Hudson (mort en 1985) devint la première célébrité à mourir de la maladie. Mais le soutien aux malades du sida n'avança pas ; sous son successeur George H.W. Bush (1989-1993) quelques avancées par rapport au sida durent avoir lieu, tandis que le sujet de l'homosexualité restait totalement ignoré à la Maison-Blanche. Sans doute que la droite conservatrice religieuse, soutien du parti républicain depuis Reagan, ne laissa guère de choix aux deux Bush : le sida était la maladie des gay, la juste punition d'un péché méritant tout juste une compassion chrétienne sur le plan médical.

Obama transforme les gays en groupe identitaire:

Une nuance à cette acceptation nouvelle: la démarche de Barack Obama reste civique. Il s'est exprimé sur le site whitehouse.gov pour l'égalité de traitement devant les droits à la retraite, l'union civile, l'emploi, et la sécurité. La lutte contre les crimes de haine homophobes figurent en bonne place dans la proclamation du mois de fierté LGBT de Barack Obama. Par contre, l'aspect spécifique de la vie des homosexuels, et même leur rôle dans la construction des États-Unis, est mentionné en passant. Il évite de dire que leur mode de vie est aussi valable que celle des hétérosexuels. Il en a nommé plusieurs à des postes nécessitant la confirmation du Sénat, mais poste politiquement proche de lui.Il aura bien sûr tout loisir de se rattrapper dans les années à venir. Toujours est-il que le Rubicon a été franchi, et qu'un Républicain ne pourra revenir en arrière.

Harold Hyman, journaliste franco-américain basé à Paris, s'intéresse à la diplomatie culturelle. Il a travaillé pour RFI, Courrier International, Radio Classique (rédaction économique). Il est actuellement spécialiste des questions de diplomatie et de politique américaine à BFM TV.

Photo: Getty Images

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